Franciade

Franciade

25-11-2021

06:25

Mon compte a été suspendu hier car j’ai dit qu’au marché de la Guillotière, les Roms vendaient les objets des habitants qu’ils avaient cambriolés dans la journée. Ce n’est pas exact. Je m’explique.

L’an dernier, je me suis fait voler mon portable Grande rue de la Guillotière. J’étais avec ma fille de 1 an dans sa poussette, le voleur est venu derrière moi, a saisi mon portable dans la poche de mon manteau, je l’ai vu et senti.

Mais il est reparti en courant vers la place du Pont (place Gabriel Péri), dans le sens inverse de ma route. Je ne pouvais donc pas lui courir après, je n’allais pas laisser ma poussette au milieu de la rue. Je dois cependant être juste : je n’ai pas vu s’il s’agissait d’un Rom,

probablement pas d’ailleurs étant donné l’accoutrement, et je ne sais pas s’il a revendu mon portable sur le marché de la place.

Le fait que le cours Gambetta (qui la longe) soit constellé de boutiques de téléphonie qui propose des téléphones « d’occasion » et des « solutions rapides de déblocage » laisse ouvert le champ des hypothèses.

Un pan entier de mon affirmation s’effondre donc déjà : non, tous les vols à la Guillotière ne sont pas commis par les Roms !

J’apporte une deuxième preuve : mon mari rentre d’un dîner sur la Presqu’île. Il traverse donc, de nuit, avec un ami, la place Gabriel Péri. Il se fait aborder par quelques jeunes bien sous tous rapports, casquette, la banane remplie certainement de perles et de barres Kinder,

un joli jogging, une bonne odeur de chanvre, bref, on est loin du Rom ! Ces charmants lurons s’approchent un peu trop de mon mari, le bousculent, puis le laissent repartir Grande rue de la Guillotière. Une fois à la maison, il se rend compte qu’il n’a plus sa chaîne,

qui portait sa médaille de baptême et celle de son père décédé quelques mois auparavant. Une fois encore, ce n’étaient pas les Roms ! Et impossible de savoir si les médailles ont été revendues sur le marché de la place.

Le fait que le cours Gambetta et la Gde rue de la Guillotière soient émaillés de boutiques qui proposent de « racheter l’or » et de faire des « transferts rapides et sécurisés » laisse ouvert le champ des hypothèses.

Dernière anecdote qui prouve que mon affirmation première était tragiquement inexacte. J’habite le quartier, depuis 2015. Auparavant, je vivais dans une rue proche de la place Gabriel Péri, à la Guillotière,

à 100 mètres d’une mosquée salafiste clandestine repeinte désormais en « centre culturel » mais dont les adeptes, vêtus comme là-bas et porteurs d’une jolie marque noir sur le front, ont l’air d’être quand même bien investis dans le cultuel

une fois encore, c’est un pur jugement de valeur de ma part) ; ensuite, j’ai vécu un peu plus loin de la place, à chaque fois sur la Grande rue de la Guillotière, pour m’éloigner de plus en plus de la place

(même si ça n’a rien à avoir avec « l’ambiance » là-bas, non ! Il se trouve que c’est comme ça, la vie est ainsi faite).

Il se trouve que j’appartiens à un groupe de quartier sur Facebook, le plus gros je pense, qui regroupe les riverains bobos. On échange des bons plans, des idées, des informations, etc. J’y ai fait de sympathiques rencontres, et y ai obtenu des informations très utiles.

Bon ! Figurez-vous que j’y vois fréquemment des posts annonçant un cambriolage, des voitures à la vitre brisée, des démarcheurs un peu étranges qui demandent de drôles d’informations et qui ne ressemblent pas FORCEMENT à des Roms

(ils parlent français sans accent, il est vrai). Une fois, un habitant a expliqué qu’il travaillait chez lui, qu’il a entendu du bruit, et qu’il a trouvé dans son entrée des femmes issues de la communauté Rom qui s’étaient introduites chez lui. En pleine journée.

Depuis, il ferme sa porte à clef. Je le fais également depuis. Mais ce n’est pas contre les Roms ! C’est à cause de mon propre sentiment d’insécurité car je regarde CNews. Une autre fois, un habitant a raconté qu’il prenait son petit-déjeuner avec son épouse et ses enfants,

qu’il a entendu du bruit dans sa chambre, et qu’il y a trouvé des personnes issues de la communauté Rom qui fuyaient par la fenêtre après avoir vidé les placards.

Il a essayé de leur courir après mais ne les a pas retrouvés. Il a croisé un cycliste qui, ayant vu les fuyards, lui a suggéré de retourner place Gabriel Péri dans la journée pour chercher, parmi les stands d’honnêtes maraîchers, la trace de ses affaires.

Que fait notre homme ? Il s’y rend selon les consignes, et retrouve, éparpillées parmi les tapis de sol, ses chères affaires volées ! Il s’en explique auprès du vendeur, évidemment, pour ne pas avoir l’air cavalier.

Mais le vendeur n’a rien volé – d’ailleurs il est issu d’une immigration d’Afrique du Nord, rien à voir avec les Roms ! D’où viennent ces chemises et ces cartables d’enfants alors ? Mais des Roms ! lui répond le vendeur.

Ils ont dû voler cela le matin-même, et ont vendu un lot aux tenants du marché, qui ignoraient bien évidemment que tout cela fût le butin d’un cambriolage. Voilà notre ami rassuré, entouré de personnes bienveillantes toutes prêtes à lui restituer ses biens.

Il s’en retourne heureux, même s’il n’a récupéré que la moitié, et sans payer en plus !

Ainsi s’achèvent mes récits et ma démonstration. J’ai donc eu tort de dire que les Roms vendaient sur le marché de la place Gabriel Péri ce qu’ils avaient volé dans la journée. En effet, nous pouvons tirer deux conclusions des précisions précédentes :

tous les vols ne sont pas le fait des Roms, et, fort heureusement, tout ce qui est volé n’est pas revendu directement sur le marché !

Ajoutons que les vendeurs ne sont pas tous des voleurs, et qu’il s’agit le plus souvent d’honnêtes acheteurs qui ne savaient pas que la marchandise provenait du quartier bobo qui jouxte la place !


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